La BM du seigneur

Publié le par Jujube

LA BM du Seigneur : caïd en rédemption

 26 janvier 2011

Ancien designer verrier, le réalisateur Jean-Charles Hue, 42 ans, s'est intéressé à une communauté des gens du voyage, les Yéniches, installés à Beauvais. A la fois nomades et peu aventuriers, religieux et vandales, taiseux et gouailleurs, les gitans de Beauvais explosent à l’écran dans leurs contradictions. Oubliée la figure du héros vagabond comme parfois chez Tony Gatlif, Hue y a rencontré Fred Dorkel, personnage charismatique qui mêle sans gêne respect des traditions, ferveur religieuse et violence permanente. Par principe, le film navigue entre fiction et documentaire : les gens du voyage rejouent des scènes qu’il sont déjà vécus. Dorkel, qui vit du vol de voitures voit une nuit apparaître un ange. C’est le signe d’un nouveau départ qu’il veut saisir ;  il décide de se ranger, mais s’oppose de ce fait à sa famille. On entrait dans l’histoire pétris de certitudes et d’images d’Epinal sur les gitans, on en ressort secoués. Pas de guitare autour du feu ni de naturalisme bon teint. Ici les visages sont marqués, et les fusils parlent après les coups de poing. Et paradoxalement le sacré est partout : dans les paroles du prêtre et dans les regards appuyés de Dorkel à la caméra, devenue le capteur de la lumière qui éclaire soudain les yeux de son héros bedonnant. Rarement un film récent n’a  parlé aussi fort du spirituel que La BM du seigneur. Dans l’histoire du cinéma, on pense à Pasolini et son Accatone (1961),  récit d’une petite frappe qui tache de trouver le repentir dans la foi. Et ici comme chez le maître italien, la rédemption est malheureusement impossible…

 

JD

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Publié dans MON CINEMA

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