Minuit: dix mauvaises nouvelles (5)

Publié le par Jujube

Cinquième mauvaise nouvelle

 

"Il est minuit sur "WTV" , nous retrouvons Ted Beeman pour "Paroles de minuit".

"- Bonsoir. Ce soir dans "Paroles de minuit" je reçois le professeur Macalister, chercheur au Centre National d'Etudes Criminologiques de Waynesfield, pour parler ensemble de son dernier ouvrage "Le crime passionel au vingtième siècle". Professeur, bonsoir ; tout d'abord une première question : je dois dire qu'on ressent, comment dirais-je, une certaine gêne à la leture de ces exemples de crimes passionels, qui sont par ailleurs très bien décortiqués, une gêne qui prvient sans doute de la ressamblance qu'il peut y avoir entre ces criminels et nous, car finalement vous mettez en évidence l'extrême "facilité" de tuer par amour, qu'en pensez-vous?

- En effet, c'est un petit peu le but de cet ouvrage, faire comprendre aux gens qu'il est très facile dirons-nous de "basculer". Voyez-vous les criminels sont avant tout des hommes et des femmes comme nous, mûs par une sorte de folie passagère.

- Oui, des hommes et des femmes car je crois que les plus beaux spécimens si j'ose dire qui sont relatés dans votre livre sont des femmes, je pense particulièrement à cette australienne qui n'a pas hésité à suspendre la maîtresse de son mari à un crochet de boucherie pour "avoir la paix"; nous n'allons pas tout dévoiler ici mais il y a effectivement des exemples terrifiants!

- Oui, mais ce que vous prenez comme exemple est assez rare tout de même! Non, je pense plutôt que les crimes les plus remarquables sont ceux justement qui ne sont pas le fait d'un éclair de folie à la découverte d'un adultère par exemple ; je pense que les cas les plus significatifs sont ceux où la détermination est la plus forte et où elle s'étale sur un temps très long, quand le crime est prémédité.

- Oui, en effet, je lis page 83 l'exemple de cet homme qui a patienté vingt et un an avec une haine terrible au fond de lui avant de tuer sa femme en l'asphyxiant avec un sac poubelle!

- C'est vrai, c'est cette attente qui est terrifiante : cette homme a déclaré avoir soupsonné sa femme de l'avoir trompé le lendemain de son mariage.

- Mais alors justement, pourquoi avoir attendu vingt et un an ? Excusez-moi si je suis un peu léger, mais n'aurait-il pas mieux valu pour lui qu'il la découpe directement en rondelles avec le couteau ayant servi à la pièce montée?

- (Rires)... Non, je crois qu'il existe un phénomène qu'on pourrait appeler la rumination, la montée en neige si vous voulez, de cette idée de tromperie. Simplement chez certaines personnes comme chez cet homme, ça peut être plus long que pour d'autres pour que la "soupape explose". Vous vous réveillez un matin et vous vous rendez compte que c'est le moment, il faut la tuer, que vous ne supporterez plus votre femme ou votre mari une minute de plus.

- Je suis d'accord mais enfin : cela arrive à tous les couples à certains moments de ne plus se voir en peinture dirais-je, mais de là à en venir au meurtre !

- Oui, je vous l'accorde, il est en effet difficile de savoir comment on peut en arriver à un tel point que tuer devient une nécessité impérieuse. Mais je pense qu'une idée de vengeance tournée et retournée pendant plus de vingt ans, peut vous rendre fou au point de tuer. Mais heureusement, ce n'est pas systématique. Il suffit pourtant d'une plus grande fragilté psychologique du sujet pour que...

-...Désolé professeur Macalister, je suis obligé de vous interrompre, "Paroles de minuit" revient dans quelques instants après une petite page de publicité ! "

 

 

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