Buena vida
Buena vida
Film de Leonardo Di Cesare, Argentine, 2004, 1h33
Avec Ignacio Toselli, Moro Anghileri, Oscar Núñez
Hernán, 24 ans, livreur, trouve l'opportunité d'avouer ses sentiments à Pato quand celle-ci cherche à se loger. Il lui propose d'emménager dans la grande maison familiale d'Hernàn, et une relation amoureuse apparement iddylique débute. Jusqu'à ce que les parents de Pato débarquent de province et demandent l'hospitalité pour une nuit dans la maison de Hernán. La famille est courtoise et aimable, mais les jours passent et ils ne s'en vont pas... Le désarroi de Hernán est d'autant plus grand que Venancio, le père de Pato, installe sans crier gare de vieilles machines et décide de monter une usine de churros au beau milieu de la salle de séjour. L'enfer, c'est les autres! Pour l'Argentine, depuis la grave crise qui a fait sombrer le pays dans un marasme économique sans précédent (voir le documentaire très réussi Mémoire d'un saccage de Fernando Solanas), l'enfer, c'était surtout l'OMC et le FMI. Difficile donc dans ce contexte de tourner une comédie, mais apparemment pas impossible, puisque le jeune réalisateur Leonardo Di Cesare a choisi le ton de l'humour pour traîter de la réalité de son pays. Un des cinéastes qui représentent l'apparent renouveau
du cinéma argentin, qui profite d'une conjoncture nouvelle : l'arrivée d'une génération de créateurs (entre 25 et 40 ans) coïncide avec un bouleversement du mode de production, dû notamment à la création en 1991 à Buenos Aires d'une école de cinéma , la Universidad del cine. Longtemps les projets devaient se monter avec la très conservatrice Institut national du cinéma (Instituto nacional de cinematografia y artes audiovisuales), ce qui ne facilitait pas la tâche des débutants. La création de l'Universidad a changé la donne en mettant à disposition de ses anciens étudiants plateaux et matériel, pellicule gratuite, salles de montages... Bref, une véritable démocratisation de la réalisation, pour un cinéma en devenir, dont Buena Vida est un exemple d'une rare drôlerie et d'une intelligence de scénario que même Hollywood lui envierait. Au point même que Brad Pitt chercherait à en acquérir les droits ! J.D.