Bab el Web
Bab el web
Un film de Merzak Allouache, France, 2004, 1h39
Avec Julie Gayet, Faudel, Samy Naceri
Kamel et son frère Bouzid vivent à Bab el Oued, un quartier populaire d’Alger. Kamel est un solitaire, désabusé et taciturne. Bouzid, plus jovial, est un mordu d’Internet. Il passe son temps dans un cybercafé à "chater" avec des filles à travers le monde. Il les invite à Alger dans l’espoir que l’une d’entre elles l’invite à son tour dans son pays, ce qui lui permettrait de quitter l’Algérie.
Un jour Laurence, une de ses correspondantes françaises, lui annonce qu’elle accepte. Elle viendra la semaine prochaine à Alger. Bouzid est catastrophé. Il n’a jamais imaginé une telle situation, persuadé que tous les étrangers ont peur de venir en Algérie. Comment va-t-il se débrouiller pour recevoir Laurence alors qu’il vit, sans argent, avec toute sa famille dans un petit appartement ?
Bien malgré lui, Kamel va devenir son complice pour organiser le séjour de l’invitée française…
Algérie et comédie ? Cette addition n’allait pas forcément d’elle-même, tant les dernières nouvelles du pays étaient mauvaises, notamment depuis les grandes inondations de 2003. Merzak Allouache a pris le pari de faire souffler un vent de légèreté sur la Méditerranée, et choisit de nouveau l’humour comme passerelle entre la France et l’Algérie. De Omar Gatlato jusqu'au grand succés populaire Chouchou en passant par Salut cousin! : Allouache nous a montré qu'il sait faire rire, et qu'il sait employer des acteurs au talent indéniable. Et c’est un rafraîchissant trio Faudel-Nacéri-Gayet qui succède à Gad Elmaleh pour nous faire passer un bon moment. Les tribulations de nos trois héros sont intégrés dans un Alger magnifiée par la caméra d’Allouache, et le choix du format scope y est aussi pour quelque chose. Le soleil brille dans tous les recoins, la couleur est partout ; en revenant une fois encore à ses racines, le réalisateur idéalise le décor de son enfance. Une façon d’en finir avec le pessimisme ambiant ? J.D.