Si le vent soulève les sables

Publié le par Jujube

Si le vent soulève les sables

De Marion Hänsel, Belgique/France, 2006, 1h36

 

Avec Issaka Sawadogo, Carole Karemera, Asma Nouman Aden…

 

 

Quelque part en Afrique… D'un côté, le désert qui grignote la terre, la saison sèche qui n'en finit plus, l'eau qui manque. De l'autre, la guerre qui menace. Le bétail meurt. La majorité des habitants, se fiant à leur instinct, partent en direction du Sud. Seul lettré, Rahne décide de partir avec sa femme Mouna et ses trois enfants vers l'Est. Leur seule richesse, quelques brebis, des chèvres et Chamelle, leur chameau.

« Quand le désert avance, c’est la vie qui s’en va » chantait déjà France Gall en 1987. La pénurie d’eau est un des problèmes majeurs de nos décennies, et ne devrait pas s’améliorer, avec le réchauffement climatique. L’Afrique laissée pour compte était le sujet du roman de Marc Durin-Valois, « Chamelle », adapté ici par la belge Marion Hänsel (« Nuages »), qui a trouvé dans cette histoire d’exode une structure toute cinématographique. A chaque seconde, on ressent son attirance pour ces vastes horizons arides et ces humains d’une beauté différente. Aucune image n'est banale, chaque plan est construit comme un tableau, chaque visage est magnifié. Dans ce décor de carte postale, pourtant, une famille unie lutte pour sa survie, à la recherche de l’eau. Et la cinéaste brosse à travers cette quête le tableau peu optimiste d’un continent exsangue : la famine, les guerres civiles, les factions armées, les enfants soldats... L’occidental n’en ressort pas indemne. Comment pouvons-nous ne pas réagir sans penser à ces vies renversées, cette « affreuse urgence » pourtant trop discrète ? Il faut réveiller les consciences, nous dit la réalisatrice. Difficile pour nous qui « venons de France, où l’on oublie qu’on boit. »

 

J.D.

 

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Publié dans MON CINEMA

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