Les oubliées de Juarez

Les oubliées de Juarez
De Gregory Nava, GB/USA, 2007, 1h53
Avec Jennifer Lopez, Antonio Banderas, Sonia Braga…
Ne vous fiez pas à ce casting très hollywoodien: grâce au soutien de sa copine J-Lo, co-productrice du film, Gregory Nava (co-scénariste de « Frida ») peut enfin révéler à un très large public ce qui se passe depuis 1993 dans sa région natale : le viol et le meurtre de plus de quatre cent femmes, commis aux abords d'usines américaines situées à la frontière de Juarez et d'El Paso, la plupart dans des conditions particulièrement atroces. Pire, quinze ans après le meurtre de la première victime, retrouvée nue dans le désert qui sépare les Etats-Unis du Mexique, impossible pour les autorités locales de désigner les responsables ni de donner une explication convaincante à ces drames. Pas étonnant : les liens étroits tissés entre la police et les cartels de la drogue, et les intérêts financiers en jeu autour des « maquiladoras », ces usines frontalières où des jeunes femmes exploitées fabriquent télés et ordinateurs, expliquent cette loi du silence. Nava n’est pas un documentariste, et a tiré de cette tragédie un scénario de fiction mouvementé, où la belle Lauren, alias J-Lo, va tenter de comprendre le sort de ces malheureuses tout en évitant de se faire mal, avec la détermination d’une « Erin Brockovitch » latino. Le mystère entretenu autour des cadavres, les dangers qu’encourent la journaliste et l’indispensable histoire d’amour avec le séduisant Juan (Antonio Banderas) nous tient en haleine pendant deux heures. Et on en sort en se disant que oui, l’homme est vraiment un loup pour l’homme.
J.D.