Films pour enfants

Publié le par Jujube


Mondes parallèles à la chaîne

 

 

                                  

Q uatre vingt quinze fées, trois cent quarante pirates et flibustiers, trente cinq elfes en tous genres, trois ours blancs, dix-huit portes magiques, une vingtaine de gamins, cinq sorcières et une otarie parlante, tel est le bilan provisoire et non exhaustif des films d’heroic fantasy pour enfants, qui ont largement profité de la brèche rouverte par le succès d’  « Harry Potter » et du «Seigneur des anneaux » pour se créer une place confortable sur nos écrans pendant les vacances scolaires. Point commun principal de ces films comme de leurs précédents, ce sont tous des adaptations de romans anglo-saxons. « Le Monde de Narnia », « Le secret de Térabithia », « A la croisée des mondes : la boussole d’or », « Stardust, le mystère de l’étoile », « Les portes du temps », cette semaine « L’île de Nim », et la semaine prochaine « Les chroniques de Spiderwick », sont autant de mondes parallèles à faire découvrir à vos bambins chaque trimestre.

Dans le shaker de ces productions à gros budget, la même recette : des enfants adoptés-battus-paumés-rêveurs à lunettes (rayer la mention inutile) découvrent au fin fond d’un grenier-une cave-une forêt-un Mac Do (euh, pas sûr du dernier…), un grimoire-une armoire-une baignoire, bref un truc poussiéreux et bizarre sur lequel est bien entendu écrit « pas touche ! ». Et, oh ! Malgré l’interdiction, l’enfant, de ses mains tremblantes, ouvre le grimoire-l’armoire-la baignoire (parce que figurez-vous que sinon, il n’y aurait pas de film! Dingue, non ?). Là, ça ne loupe pas, il est automatiquement happé par une lumière, et il atterrit derechef dans un monde pas pareil que le nôtre parce que les arbres y marchent sur leurs racines et que des oiseaux orange avec un bec mauve y boivent le café à une terrasse. Evidemment, le gamin se fait accueillir par un troll-une fée-un chien qui parle, et qui va l’aider à apprivoiser le terrain, ce qui est quand même plus pratique vous avouerez. Une fois pote avec les arbres qui courent le marathon et les oiseaux qui parlent maintenant politique, l’innocent enfant aura une quête à mener à bien : sauver le monde parallèle en ramenant au choix un livre-un anneau_une armoire normande au bercail, et en tuant au passage une soixantaine de méchants divers et variés, grâce à sa pureté de cœur et à une épée magique gentiment prêtée par un lémurien géant qui passait par là. Voilà pour l’histoire. Pour l’emballage, prenez une jolie affiche avec immanquablement une police de caractère médiévale, des enfants terrorisés au milieu d’une forêt étrange, une boussole ou une montre, un ou deux ours blancs et une actrice blonde qui rapporte(Cate Blanchett, Nicole Kidman, Jodie Foster, Michelle Pfeiffer…)

On plaisante, on plaisante, mais attention : loin de nous l’idée de statuer sur la qualité de ces films, surtout que certains sont de très bonnes factures, et propose une belle alternative à l’animation. Mais on peut tout de même déplorer le manque d’originalité des studios hollywoodiens dès qu’il s’agit de proposer de l’heroic fantasy aux enfants. Dans un an, sauront-ils faire la différence entre un « Narnia » et un « Spiderwick » ? Et vous, saurez-vous dire quels acteurs ont joué dans « Stardust » ? Rien n’est moins sûr. Alors qu’on se souvient encore des succès des années quatre-vingt dans le même genre tels « L’histoire sans fin », « Dark crystal » ou « Willow ».

J.D.

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Publié dans MON CINEMA

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