L'un contre l'autre: SOS hommes battus
L’un contre l’autre
Gegenüber
De Jan Bonny, Allemagne, 2007, 1h40
Avec Matthias Brandt, Victoria Trauttmansdorff, Wotan Wilke Möhring...
Sortie le 23 avril
S.O.S. hommes battus, vous connaissez le numéro ? Georg, le gentil policier allemand de l’histoire, aurait bien aimé le connaître, lui. Parce que derrière la jolie façade soigneusement entretenue de son couple, envié par son entourage, se cache une violente réalité : sa femme Anne, exaspérée par la faiblesse de son mari et par la médiocrité générale de sa vie, est devenue violente, et Georg encaisse les coups au nom d'un amour indéfectible.
« L’un contre l’autre », c’est un peu la version teutonne de « La guerre des Rozes », sauf qu’ici la rose a des épines, et qu’elle fait très mal au corps et au moral. Car pour un peu qu’on ait vécu suffisamment en couple, on sait que la routine et les petites vexations accumulées peuvent faire déraper une situation conflictuelle dans une violence difficilement rattrapable. Si le jeune réalisateur allemand Jan Bonny assure qu’il n’a jamais reçu de coups, il confère en tout cas à ses images une dureté mature, une compréhension de l’entité couple qui étonne pour un premier film.
Sans hasard, la construction de ses plans s’inscrit dans la continuité d’une esthétique de « carte postale de la R.D.A. », qu’on retrouvait à petites doses dans un « Good bye Lenin », un « La vie des autres » ou plus récemment un « Libre-arbitre » : une vieille mélancolie poisseuse faite de couleurs tranchées, comme des photos prises sans flash ; un goût pour les huis clos déprimants et étouffants, dans lesquels évoluent des acteurs sensationnels (mention spécial pour le couple formé par Matthias Brandt et Victoria Trauttmansdorff).
J.D.