Doc écolo
Docs écolos
La fin du monde ?
Vous n’êtes pas sans censé ignorer que le monde va mal. La pollution fait des ravages, le thermomètre s’affole, des pétroliers s’échouent sur des baleines, et votre assiette ressemble de plus en plus à un laboratoire de chimie expérimentale. Bref, c’est la cata ! C’est en tout cas ce que pourrait conclure le spectateur moyen en regardant la télé ou en allant au cinéma. C’est fou comme depuis quelques années seulement, le doc écolo a la côte. Et, avec la somme de ces films, il y aurait de quoi, comme le prophète Philippulus dans « Tintin et l’Etoile mystérieuse », s’enfermer dans un bunker en attendant « le châââtiment ! ». Par exemple, les cinéastes autrichiens (qui font sûrement un complexe avec la nourriture) aiment à dénoncer les ravages de la malbouffe et de la mondialisation. Il n’y a qu’à voir la somme des documentaires récents sur le sujet pour s’en convaincre : « Le cauchemar de Darwin » de Hubert Sauper dressait le constat de l’introduction d’un poisson exogène dans le lac Victoria, qui a anéanti l’équilibre écologique, économique et humain de toute une région ; « Notre pain quotidien » de Nicolaus Geyrhalter nous brossait un portrait terrifiant de l’industrie agro-alimentaire. A l’affiche, « We feed the world » d’Erwin Wagenhofer dénonce le terrible marché de… la faim dans le monde. Les américains ne sont pas en reste, puisque même l’ex-vice président Al Gore y est allé de sa sonnette d’alarme, commentant la catastrophe climatique qui nous attend dans « Une vérité qui dérange ». Chez nous, si l’on n’oublie pas la marche des manchots empereurs, on oublie pas non plus les indispensables « La Terre vue du Ciel » de Yann Arthus-Bertrand, qui a durci son discours depuis que l’air du temps l’y autorise. Loin de nous l’idée de critiquer le propos et l’utilité de tous ces films, chacun d’entre eux est souvent d’une grande qualité. Mais si on les additionne à tous les reportages télé sur les espèces menacés, aux discours politiques, aux mises en garde de Nicolas Hulot, et aux 29 degrés du mois d’Avril…il y a de quoi saturer ! La mode serait-elle au catastrophisme ? Une surenchère d’informations alarmistes, bien que nécessaire, ne nous ferait pas crier au ras-le-bol ? Bref, est-ce que trop d’infos tue l’info ? Le débat reste ouvert. En attendant, trions nos déchets, allons au ciné, en attendant la suite…