Mon 1er texte: My architect

Publié le par jujube

Les premiers textes que j'ai écrit pour l'agence de diffusion Big Sky.

 

My Architect

Un film de Nathaniel KAHN, Etats-Unis, 2003, 1h56

Avec Nathaniel Kahn, Vincent Scully, I.M. Pei, Frank O. Gehry, Robert A.M. Stern

 Louis Kahn s’inscrit comme l’un des plus grands architectes du 20ème siècle. Sa vie, à l’image de ses édifices, fut chargée de mystère. Lorsqu’il succomba à un infarctus, dans les toilettes pour hommes de Penn Station en 1974, les nécrologies précisaient qu’il laissait une épouse, Esther, et une fille, Sue Ann. Mais il apparut que Kahn avait mené quatre vies à la fois : son travail, sa famille officielle, ainsi que deux autres femmes et les enfants qu’elles lui avaient donnés. Nathaniel Kahn, fils de Louis Khan et d’Harriet Pattison, une architecte paysagiste, avait onze ans quand son père mourut. Agé de 39 ans aujourd’hui, il revient sur les traces de son père à travers « MY ARCHITECT », portrait intime d’un homme complexe et fascinant. "Architecte": ici, le mot est double. Le film dresse le portrait d'un homme qui partagea avec Frank Lloyd Wright, Le Corbusier et Mies Van Des Rohe, une place centrale dans l’architecture du vingtième siècle. Il construisit des oeuvres monumentales à dimension universaliste et d’une grande élévation spirituelle. Mais le fils cherche aussi dans cet architecte qui était vraiment ce père qu'il croyait connaître, interrogation universelle s'il en est. Et découvre cette vie dissimulée, comme derrière les murs d'une immense bâtisse dont son propre père aurait dessiné les plans. La grande vertu de ce film, c'est qu'il ne cherche pas à provoquer le scandale sur la véritable vie de Louis Kahn, mais tout simplement de comprendre, par un parallèle entre la vie de l'artiste et son oeuvre, les choix d'une existence. En réalisant ce film, le fils casse cette architecture du secret et remet son père à la place qu'il mérite, c'est à dire "un homme de chair et de sang .Même s’il reste énigmatique et mystérieux, il n’est plus un personnage à moitié mythique. J’ai compris que c’était un homme qui a eu un début, un milieu et une fin. Le film, à sa façon, pose la question : peut-on comprendre quelqu’un après sa mort ? Je crois que la réponse est oui." Déconstruire une image pour mieux la reconstruire, ne fut-ce que celle de son père, tel est le talent de ce nouvel architecte du cinéma dont il faudra désormais tenir compte. J.D.

 

 

 

 

 

 

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Publié dans MON CINEMA

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