Azul

Publié le par Jujube

Azul

 

Film de Daniel Sánchez Arévalo, Espagne, 2006, 1h45

 

Avec Quim Gutiérrez, Marta Etura, Antonio de la Torre

 

 

 

 

 

Jorge tout juste diplômé d'un master de gestion travaille pourtant comme concierge dans son immeuble pour s'occuper de son père, invalide depuis sept ans, Son frère aîné Antonio, qui est en prison, va lui demander une faveur étrange : mettre enceinte dans un parloir intime sa fiancée Paula, rencontrée à la prison.

Beaucoup de premiers films déterminent bien souvent la carrière de son auteur. Daniel Sánchez Arévalo, ex-étudiant d’une école d’économie,  nous met seul juge de « décider s’il est préférable que je retourne plutôt vendre des assurances vie ». Aux dernières nouvelles, le film vient de recevoir le Goya de la meilleure mise en scène (l’équivalent des Césars), et le prix du public au festival d’Angers. Nous voila donc rassurés. Azul oscuro casi negro (« Bleu nuit tirant sur le noir ») : le titre original résume à lui seul le ton du film. Pas de préjugés à l’emporte-pièce, pas de plans faussement modernes, mais au contraire une palette toute en nuances. Ainsi on passe du rire au drame, et de la compassion à l’incompréhension, sans aucune fausse note. Les personnages sont autant en demi-teinte que la pellicule, incapables qu’ils sont de dire leurs sentiments, de faire la différence entre ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin. Luttant contre leur destin, ils stagnent pourtant, plus par réflexes de caractère que par manque de volonté. On est forcé d’y reconnaître un peu de nous. De plus, les situations tordues, les scènes mémorables et des acteurs d’une justesse exemplaire nous font aimer le film. Un exemple rare de maturité cinématographique et de travail scénaristique.

J.D.

 

 

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Publié dans MON CINEMA

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