Obscénité et vertu :comme son nom l'indique...
Obscénité et vertu
Filth and wisdom
De Madonna, GB, 2008, 1h20 mn
Avec Eugene Hütz, Vicky McClure, Holly Weston, Stephen Graham...
17 septembre 2008

AK, Ukrainien charismatique, partage à Londres un appartement avec Holly et Juliette. Chacun d'entre eux poursuit un rêve bien précis qui n'a pas grand-chose à voir avec leur quotidien.
AK veut être une star internationale de la chanson mais pour l'instant, il est gigolo sado-maso. Holly, veut être danseuse de ballet mais pour l'instant, elle travaille dans une boîte de strip-tease. Quant à Juliette, elle rêve de sauver des orphelins africains mais pour l'heure, elle est vendeuse dans une pharmacie et tente de récolter des pièces jaunes.
Qu’aurait fait Louise Ciccone si elle n’était pas devenue Madonna ? Peut-être du cinéma. Celle qui chantait « comme une vierge, touchée pour la première fois » au début de sa carrière, est comme en perpétuel quête de virginité, du moins artistique. 200 millions d’albums vendus, des autobiographies, des livres pour enfants, des rôles au cinéma, de l’humanitaire, il ne restait à la madone que de passer derrière la caméra pour nous surprendre encore. Et c’est chose bien faite, car de la curiosité, de la surprise, de l’enthousiasme, nous en aurons face à cet objet cinématographique protéiforme qui se situe joyeusement (quand bien même on puisse le situer) entre l’humour british d’un Guy Ritchie (mari de), et le délire musical et coloré d’un Kusturica. Le responsable de ce mélange détonant, c’est Eugene Hütz : déguisé en méchant professeur ou en Margaret Thatcher pour les besoins d’un client, le « punk des Balkans » (qui joue le rôle principal) est aussi le leader ukrainien des Gogol Bordello, le groupe qui a signé la B.O. du film. Tout ça s’éloigne drôlement des derniers clips de Madonna, qui, dans quelques mois, sortira sur nos écrans un documentaire qu’elle a écrit et produit sur les enfants du Malawi atteints du sida. De quoi nous dérouter encore…