Grace is gone: Maman est parti, papa aussi
Grace is gone
De James C. Strouse, USA, 2007, 1h32
Avec John Cusack, Alessandro Nivola, Gracie Bednarczyk...
Prix de la critique internationale-Deauville 2007
Sortie le 28 mai 2008
Quand Stanley Phillips, père de deux petites filles, apprend la mort de sa femme, Grace, tuée au service en Irak, il ne sait pas comment l’annoncer à ses filles. Pour repousser ce moment, il décide de conduire les petites dans un parc d’attraction en Floride.
Il y eut un temps où les soldats mourraient pour quelque chose. Où les veufs et veuves pouvaient se consoler dans l’idée que leur conjoint est tombé en héros. Mais qu’en est-il quand on sait que la guerre pour laquelle se bat l’être aimé est des plus meurtrières et surtout, des plus inutiles ? Quoi répondre à ses enfants quand ils vous demandent : « pourquoi maman est morte ? ». Ces questions, James C. Strouse (scénariste de l’excellent « Lonesone Jim » de Steve Buscemi) n’y répondra pas. Quel américain peut-y répondre aujourd’hui ? Ce road-movie est comme une fuite en avant qui voudrait combler vainement un vide. Le vide que ressent chaque américain, quand leurs convictions patriotiques s’effondrent à la perte d’un proche.
Heureusement, « Grace is gone » s’éloigne du prêche partisan et des statistiques pour aller vers l’intime. Le courage de sourire, la force de continuer à vivre, et l’amour surtout, y sont omniprésents. De manière admirable. Et forcément, à mesure que les minutes passent, et que la révélation aux fillettes de la mort de leur mère devient inéluctable, les larmes nous viennent. Grâce à John Cusack, dont on ne se souvenait plus qu’il fût aussi bon acteur.
Et grâce aussi à la musique de l’innatendu Clint Eastwood, qui nous berce d’une mélancolie simple et rare.
J.D.