Les hauts murs: Innocents dans un bagne, anges dans un enfer...
De Christian Faure, France, 2008,
Avec Carole Bouquet, Catherine Jacob, Michel Jonasz, Emile Berling…
Sortie le 30 avril
« Les disparus de Saint-Agil », « Au revoir les enfants », « Le cercle des poètes disparus »…Les films prenant pour cadre un pensionnat sont presque devenu un sous-genre au cinéma. A tel point qu’on en connaît parfois à l’avance les protagonistes (le jeune homme fragile et rebelle à l’autorité, les professeurs compréhensifs et les directeurs tyranniques) et les enjeux (s’échapper, grâce à l’instruction… ou à une corde à nœuds). Les gentils trémolos des « Choristes » passent ici pour du petit lait…au regard de la terrible violence qui s’abat sur les jeunes personnages.
Nous sommes dans les années 30. Parce qu’il est orphelin de guerre, Yves Tréguier ( Emile Berling, fils de…comme quoi, le talent, ça se transmet) est envoyé en « maison d’éducation surveillé », immense bâtisse sombre et austère. Le garçon va vite se rendre compte que les méthodes des surveillants et du directeur (Michel Jonasz dans un étonnant contre-emploi) n’ont rien de celles d’une colonie de vacances. Restrictions, humiliations morales, coups de pieds, de poings, de ceinture, brimades des autres adolescents, la violence est dans tous les coins. Souvent conduits dans ce lieu par leurs parents pour des questions d’autorité, les gamins en ressortent la méchanceté au cœur, et plus délinquant qu’en entrant dans ce qu’il est convenu d’appeler un bagne. Seuls le rêve de s’échapper et une belle amitié parviendront à faire tenir Yves. Et nous aussi d’ailleurs.
Christian Faure (réalisateur de T.V., auteur de « Marie Besnard l’empoisonneuse » avec Muriel Robin) adapte ici l’autobiographie d’Auguste Le Breton (« Le Clan de Siciliens ») dans sa juste dureté, et dans sa pleine émotion, au point qu’il vous sera difficile de ne pas verser une larme…
J.D.