Wonderful town
Wonderful town
De Aditya Assarat, Thaïlande, 2008, 1h32
Avec Dul Yaambunying, Sorawit Poolsawat, Prateep Hanudomlap…
Lotus du jury-Festival du film asiatique de Deauville.
Sortie le 07 mai 2008
En décembre 2004, nous étions tous devant notre télé pour suivre avec effroi les images du gigantesque tsunami qui s’abattait sur la Thaïlande, provoquant des milliers de morts chez les habitants comme chez les touristes, et ravageant complètement la région de Phuket. Une catastrophe en chassant une autre, nous avons oublié…Mais pas les thaïlandais. Seulement trois ans après, le cinéma de là-bas commence à s’emparer du drame, et le fait de manière sublime, à voir ce « Wonderful town ». Car plutôt que de s’appesantir sur le sujet en de longs plans de plages désolées, le réalisateur Aditya Assarat a choisi l’après-tsunami comme simple toile de fond pour une belle et sincère histoire d’amour. Celle d’un architecte, Ton, venu reconstruire un hôtel côtier, avec Na, une jeune hôtelière au charme discret et au doux sourire.
Peu à peu, les deux amants oublient leur environnement, les maisons saccagées qui ponctuent le paysage, le traumatisme vécu, pour se reconstruire dans les bras l’un de l’autre. Le temps d’une caresse, le temps d’un sourire, la caméra nous impose son rythme contemplatif. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles le glissement progressif de la romance insouciante vers la tragédie provoque une émotion et un effroi si profonds.
Car la bluette n’est pas du goût de tout le monde. Le couple qui ose vouloir être heureux subit les foudres des habitants de cette petite ville qui continuent de souffrir. De quel droit se permettent-ils l’amour et le bonheur, luxe futile quand tout l’environnement confère à la tristesse ? Les ressentiments et la violence de chacun, qui semblaient couver depuis la tragédie, se sont trouvé une cible. Et l’issue sera terrible…
J.D.