Humeur

« Survivre avec les loups »…c’était du pipeau !
On aurait tant voulu y croire : une petite fille de huit ans qui parcourt les forêts glaciales de l’Europe de l’Est accompagné d’une meute de loups, pour retrouver ses parents déportés. En voilà une histoire émouvante, qui fit la fortune de Misha Defonseca en 1997 sous la forme d’une autobiographie. Dix ans plus tard elle vendait les droits du bouquin à la réalisatrice Véra Belmont qui en tirait un joli film, sortie chez nous le 16 janvier de cette année.
On aurait pu en rester là, si quelques recherches historiques et des témoignages d’éleveurs de loups n’avaient pas forgé des doutes dans l’esprit des journalistes belges sur la véracité des dires de la dame. Acculée, l’auteur crache enfin le morceau jeudi dernier au quotidien belge « Le Soir » : son histoire, c’est du pipeau ! Elle n’a jamais traversé l’Europe avec une meute de loups, puisqu’elle n’avait que quatre ans en 42-43, année de sa supposée aventure, et qu’elle était inscrite dans une école communale en Belgique. De plus elle n’est pas juive mais catholique, et ses parents n’ont pas été déportés à cause de leur religion mais pour des actes de résistance. Et par-dessus le marché elle ne s’appelle pas Misha Defonseca mais Monique De Wael… Stupeur chez le distributeur du film encore à l’affiche, qui axait sa promotion sur l’authenticité du périple. Décision est prise immédiatement de retirer la mention « d’après une histoire vraie » des affiches et du générique. Déception surtout chez les lecteurs et spectateurs : ce qu’ils prenaient pour une autobiographie n’était en réalité qu’un tissu de mensonges !
On aurait pu en rester là, si quelques recherches historiques et des témoignages d’éleveurs de loups n’avaient pas forgé des doutes dans l’esprit des journalistes belges sur la véracité des dires de la dame. Acculée, l’auteur crache enfin le morceau jeudi dernier au quotidien belge « Le Soir » : son histoire, c’est du pipeau ! Elle n’a jamais traversé l’Europe avec une meute de loups, puisqu’elle n’avait que quatre ans en 42-43, année de sa supposée aventure, et qu’elle était inscrite dans une école communale en Belgique. De plus elle n’est pas juive mais catholique, et ses parents n’ont pas été déportés à cause de leur religion mais pour des actes de résistance. Et par-dessus le marché elle ne s’appelle pas Misha Defonseca mais Monique De Wael… Stupeur chez le distributeur du film encore à l’affiche, qui axait sa promotion sur l’authenticité du périple. Décision est prise immédiatement de retirer la mention « d’après une histoire vraie » des affiches et du générique. Déception surtout chez les lecteurs et spectateurs : ce qu’ils prenaient pour une autobiographie n’était en réalité qu’un tissu de mensonges !
Alors bien sûr, la supercherie se devait d’être révélé. Mais certains détails trop gros pour être crus auraient du alerter plus tôt les lecteurs. C’est drôle tout de même comme une œuvre qu’hier encore on approuvait peut être descendue en flèche, simplement parce que son auteur a avoué que ce n’était qu’une histoire inventée. Bref, une fiction. Quel terme ringard, dans un temps où tout ce qui est tamponné « histoire vraie » fait courir les foules ! « La Môme » ramasse les trophées, les réalisateurs font trembler leurs caméras comme vous quand vous filmez votre petit dernier, et la guerre au ciné n’a jamais autant ressemblé à la guerre en vrai. On veut de l’authentique, du pur jus, du moulé à la louche, du roulé sous les aisselles…La vraie véritable histoire d’un résistant juif comme de l’épicier du coin nous fascine. Et on finit par tomber dans le panneau de n’importe quel affabulateur, tel papi qui nous fait croire que sa maison a brûlé à deux jours des élections, où telle secte qui nous persuade qu’elle peut cloner des bébés humains.
Au fond, le cinéma est de mauvaise foi dans cette affaire. Car il adore les histoires de faussaires. « L’adversaire » d’Emmanuel Carrère racontait l’histoire de cet homme qui a fait croire pendant vingt ans à sa famille qu’il était médecin. « Faussaire » de Lasse Hallström déroulait l’arnaque d’un auteur qui prétendait avoir écrit la biographie autorisée d’Howard Hawks. Et André Téchiné de s’intéresser pour un prochain film à « La fille du RER », mythomane, qui, en juillet 2004, avait prétendu avoir été victime d’une agression antisémite dans le RER D.
Alors, si je vous dit que cet article est fini, vous me croyez ?
JD
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