La zona: propriété privée
La zona, propriété privée
De Rodrigo Pla, Mexique, 2007, 1h38
Avec Daniel Giménez Cacho, Maribel Verdú, Daniel Tovar, Carlos Bardem…
Berlin- Lion du Futur de la Meilleure Première Œuvre
Sortie le 26 mars
Sortie le 26 mars
La « zona » du titre, c’est une cité résidentielle située dans le centre de Mexico, murée et protégée par des caméras et des vigiles. Trois gamins des quartiers pauvres réussissent pourtant à s’introduire dans l’enceinte et à voler une des maisons. Mais le cambriolage tourne mal, un des adolescents panique et tue une vieille femme. Plutôt que de prévenir les autorités, les résidents décident de se faire justice eux-mêmes. Une chasse à l'homme sans pitié commence...
« La zona » est-il un film d’anticipation ou bien pourrait-il se dérouler de nos jours ? Rodrigo Pla se garde de bien de répondre. En délimitant sa problématique au seul Mexique (où la police est souvent corrompu et où l’insécurité n’est vraiment pas qu’un argument électoral), il a bien conscience toutefois que son film a un caractère universel et intemporel.
La paranoïa que vit les habitants de la zona nous en rappelle d’autres: Mur de Berlin, apartheid, ghettos…ou comme ici les riches envers les pauvres.
Pla illustre une mécanique terrible. Que la peur prenne le dessus sur la raison, que la justice et la police déserte le terrain, et alors la société se divise : chaque groupe se referme sur lui-même, se méfie des autres, se surarme pour sa sécurité, et fait justice soi-même.
« Œil pour œil, dent pour dent », telle est la devise que condamne le réalisateur, ici reprise par les adultes comme par les enfants. Un réquisitoire contre la dérive ultra-sécuritaire de nos sociétés, qui fait froid dans le dos.
J.D.
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