Le cahier: à l'ombre des Bouddhas couchés

Publié le par Jujube

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Le cahier
Buda Az Sharm Foru Rikht
De Hana Makhmalbaf, Iran, 2007, 1h21
Avec Nikbakht Noruz, Abdolali Hoseinali, Abbas Alijome…

Sortie le 20 février 2008
Elles avaient tenu quinze siècles, elles furent dynamitées en quelques secondes : ce fut le sort réservé aux statues géantes de Bouddha par les Talibans en 2001. C’est dans les niches désormais vides de statues, parmi les décombres, que Hana Makhmalbaf a choisi de loger ses personnages. Baktay, six ans, et sa famille nombreuse, vivent sans eau, ni électricité, ni chauffage. La petite afghane envie son voisin qui annone l’alphabet dans son coin. C’est qu’elle aussi voudrait bien aller à l’école. Alors avec la seule richesse du foyer –des œufs qu’elle va vendre au village voisin- pour acheter un cahier, et le rouge à lèvres de sa mère pour stylo, Baktay se dirige vers l’école des filles, située de l’autre côté de la rivière. Elle en sera empêchée par une bande de garçons jouant à la guerre. Ils veulent lapider la petite fille, la faire sauter à l’instar des statues, lui tirer dessus comme des Américains…

Benjamine du clan Makhmalbaf, Hana, après avoir travaillé aux films de son père Moshe et de sa sœur Samira, signe à 18 ans un premier long métrage étonnant de maturité. Une réflexion profonde sur la désastreuse condition des femmes afghanes et l’impossibilité de l’accès au savoir de la majorité d’entre elles ; mais aussi de l’impact destructeur de la guerre et des idées les plus barbares dans l’esprit des plus jeunes, qui influent sur leur comportement.

Conte faussement naïf, poignante transposition de la folie des hommes dans le monde cruel des enfants, « Le Cahier » marque de son sceau exceptionnel le début d’une carrière assurément prometteuse.
 
J.D.
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Publié dans MON CINEMA

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