Villa paranoïa

Publié le par Jujube

Villa paranoïa

 

 

Film d’Erik Clausen, Danemark, 2004 , 1h 46

 

 

Avec Sonja Richter, Frits Helmuth, Erik Clausen, Sidse Babett Knudsen…

 

 

 

 

Anna est une jeune comédienne frustrée. N'ayant pu obtenir le rôle d'Angélique dans la pièce Le Malade imaginaire de Molière, elle accepte de partir à la campagne travailler comme infirmière auprès de Walentin, le vieux père de Jorgen. A la tête d'un élevage de milliers de poulets, Jorgen ne trouve pas le temps de s'occuper de son père sénile. De son côté, Anna s'attache à Walentin et découvre en lui un vrai talent de comédien. C'est enfin l'occasion pour elle de jouer le rôle de sa vie…

 

 

 

 

Le Danemark a exporté une ribambelle de réalisateurs de talents, de Lars Von Trier à Thomas Vinterberg. Il faudra compter aujourd’hui avec Erik Clausen, qui livre ici une réflexion à la fois tendre et grinçante sur l’air du temps de son pays.  «Aujourd'hui, vieillir au Danemark est devenu un problème (…). Moi, ce qui m'intéresse, c'est la mentalité de la société à leur égard. Tout commence par un regard qui dit : "Vous ne servez plus à rien, qu'est-ce qu'on va faire de vous ? Allez crever ! Et que font les vieux ? Ils obéissent, courbent l'échine et jouent les vieux séniles. Puis ils se renferment dans leur coquille. (...) Ils se résignent et meurent de frustration. A cause de notre conformisme, nous n'osons pas intervenir. Nous sommes très forts quand il s'agit d'éviter les choses désagréables. »

 

 

Désagréable, c’est bien le mot qui nous vient à l’esprit à l’introduction. Démarrant de façon hésitante, Villa Paranoïa se révèle d'abord rebutant avec ses trois protagonistes peu sympathiques, dont l'un ira jusqu'à commettre des gestes abjects. Seulement, de minute en minute, vieillard, paysan et actrice ratée se trouvent être plus complexes dans leur traitement qu’à première vue. Car l’humour et l’émotion cassent l’apathie du début pour laisser la place à la tendresse, nous rendant presque coupable d’avoir mal jugé ces indigents. La révérence à Molière est là : le vieux Walentin ne ressemble-t-il pas furieusement au Malade imaginaire ?  En pointant du doigt notre égoïsme, Clausen réussit le portrait d'une société qui met souvent dans le même sac d’indifférence vieillards, marginaux et laissées-pour-compte. J.D.

 

 

 
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Publié dans MON CINEMA

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