Peindre ou faire l'amour
Peindre ou faire l’amour
Un film d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu, France, 2004, 1h38 Avec Sabine Azéma, Daniel Auteuil, Amira Casar…
Y a-t-il une autre vie après trente ans de vie conjugale, après la retraite, le départ d'une fille unique, avec les mêmes vieux amis et la perspective de passer son temps à jouer au golf ? Telles sont les questions que se pose William, météorologue qui vient juste de prendre sa retraite. Sa femme Madeleine, qui se passionne pour la peinture, apporte à ces questions une réponse positive en parvenant à convaincre William d'acheter dans le Vercors une demeure que lui a fait visiter Adam, le maire aveugle qui habite à proximité et dont elle a fait la connaissance alors qu'elle était en train de peindre la maison. La nuit où la maison d'Adam et de sa femme Eva brûle, le couple de retraités se fait une joie de les héberger. Une amitié naît, et même plus…
Un film des frères Larrieu n’est jamais tout à fait comme un autre. Peindre ou faire l’amour ne déroge bien sûr pas à cette règle. Il faut croire que le changement de décor a ouvert des perspectives au duo, puisque en passant des Pyrénées aux Alpes, les réalisateurs ont vraiment découvert leur seconde nature. Car là bas, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté, comme disait Charles… Imprévisible dans sa première partie, l’histoire donne l’occasion à deux couples de s’enfoncer mollement dans un matelas de sensualité…mais aussi d’interdits. La nature, omniprésente pendant tout le film, est comme une mère nourricière qui redonne jeunesse et vigueur au couple de jeunes retraités que forme Sabine Azéma et Daniel Auteuil (excellents tous les deux). La beauté des images, la sensualité des corps, fait écho à celle des somptueux paysages du Vercors. Plus subtil que leurs films précédents (La brèche de Roland ou encore Un homme, un vrai), le long-métrage n’en négligera pas pour autant un certain humour burlesque apprécié des deux cinéastes, et porté par la rondeur des dialogues assez littéraires. Une comédie décalée dans le P.C.F. (paysage cinématographique français) dont les charmes pourrait bien attirer un très grand nombre de spectateurs. J.D.