Va, vis, deviens

Publié le par jujube

Va, vis et deviens

 

 

Réalisé par Radu Mihaileanu, France, 2004, 2h20

 

 

Avec Yaël Abecassis, Roschdy Zem, Moshe Agazai...

 

 

 

 

Éthiopie, 1984. Grâce à l'initiative de l'Etat d'Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs Ethiopiens en Israël.

 

 

Pour le sauver de la famine et de la mort, une mère Ethiopienne non-Juive, pousse son fils à se déclarer Juif, alors que ni l'un ni l'autre ne sont des descendants du peuple d'Israël.

 

 

L'enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille Française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur qu'on découvre son double secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement Noir. Il découvrira l'amour, la judaïté et la culture occidentale, mais aussi le racisme et la guerre dans les territoires occupés. Il deviendra Juif -Israélien, Français et Tunisien, sans jamais oublier sa vraie mère, et qui il est vraiment : un Ethiopien rescapé de la mort.

 

 

 

 

Va, vis et deviens...c'est tout un programme, souvent méconnu de l'Histoire d'Israël: l'opération Moïse. Fin 1984 début 1985, cette opération menée à l'initiative d'Israël et des Etats-Unis, consistait à emmener des milliers de Juifs Ethiopiens, les Falashas, vers la Terre Sainte, via des camps de réfugiés du Soudan, pays islamique régi par la Charia. Une histoire incroyable: aucune autre communauté juive n'a connu une immigration vers Israël aussi dramatique. Incroyable aussi la misère qui a poussé des milliers de non-juifs à mentir pour s'exiler. Quel réalisateur israélien aurait pu traîter ce sujet avec une telle acuité? Il fallait le regard extérieur d'un metteur en scène lui même déraciné pour donner toute l'ampleur de la problématique. Radu Mihaileanu, réalisateur français d'origine roumaine ayant séjourné en Israël, a choisi d'en faire une fiction, par le biais du jeune personnage de Shlomo. Avec "l'épopée" de petit éthiopien non-juif, il dit la souffrance d'une communauté oubliée de l'Histoire. Une communauté déracinée, qui, tels des harkis, se retrouvent étrangers où qu'ils aillent, que se soit sur leur terre d'origine, dans les camps de transit soudanais ou encore sur la terre d'Israël qui doit les accueillir. Une terre bien loin des promesses et des espoirs d'avenir, où ils doivent lutter contre un système étrangement xénophobe (Israël n'est-elle pas la terre d'accueil par excellence?), et où la religion juive est un passeport. J.D.

 

 

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Publié dans MON CINEMA

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