Dias de campo

Publié le par jujube

Dias de campo

Un film de Raoul Ruiz, France/Chili, 2003, 1h30

Avec Marcial Edwards, Mario Montilles, Belgica Castro...

Nous sommes à Santiago du Chili, dans un bar. Deux vieillards discutent en buvant. Il semble que l'un d'eux soit en train d'écrire un roman. Conversation bizarre : ils parlent d'eux-mêmes comme s'ils étaient déjà morts, le prétendu romancier, don Federico, cueille des allumettes dans son verre de vin, une curieuse étrangeté s'installe...

Où sommes-nous, au juste ? Au royaume des morts ? Pas tout à fait. Tout au plus dans une vie antérieure, dans le souvenir. Car don Federico se met à évoquer le temps de sa jeunesse, jadis, quand il vivait à la campagne... "Au départ, je voulais simplement adapter une nouvelle de l'écrivain Federico Gana que j'avais lue à l'école. Puis j'ai décidé de mélanger deux de ses nouvelles. Finalement, j'ai fini par faire un film sur les souvenirs que la lecture de ses nouvelles avaient provoqués - j'avais huit ans - chez l'homme que je suis. Des souvenirs inversés, en quelque sorte." Il y a quelques années, le réalisateur avait réussi le pari d'adapter Le Temps retrouvé de Proust au cinéma. Trente ans furent nécessaire à Raoul Ruiz pour retrouver son propre temps, trente années pendant lesquelles ils n'avaient jamais envisagé d'écrire un scénario sur ce qui lui tenait le plus à coeur, son pays natal. C'est donc un film à la saveur mélancolique que le réalisateur nous offre ici, et ce retour aux sources signe dans le même temps l'aboutissement de la carrière d'un grand auteur de cinéma. Ici, les niveaux de lecture s'entremêlent, et tout le talent et l'expérience de Ruiz nous donne à voir un système narratif complexe. Un film aussi étrange que passionnant. J.D.

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Publié dans MON CINEMA

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