Sideways
Sideways
Un film d'Alexander Payne
USA, 2004, 2h04
Avec Paul Giamatti, Thomas Haden Church, Virginia Madsen
Miles, un écrivain raté récemment divorcé, et son ami Jack, un acteur sur le point de se marier, décident de faire la route des vins dans la vallée de Santa Ynez, en Californie. Aussi différents que proches, il n'ont en commun que les ambitions déçues et l'inquiétude face au temps qui passe.
De dégustation en dégustation, Miles et Jack se noient dans l'amour du divin nectar et des femmes. Jack tombe sous le charme de Stéphanie, une séduisante serveuse, et met en péril son futur mariage. Miles, lui, entame une liaison avec Maya, sommelière. L'heure des remises en cause a sonné. Alors que la fin du voyage et le mariage approchent, Miles et Jack sont de moins en moins sûrs de vouloir rentrer. Se pose alors la seule vraie question qui vaille : quelle vie choisir?
Ca ne s'invente pas: l'auteur du roman et le scénariste du film se nomme Rex...Pickett!
Le film quand à lui relève plutôt du domaine des grands crus classés, puisqu'il vient de remporter deux récompenses à la cérémonie des Golden Globe. Alexander Payne nous livre tous les arômes d'un road-movie très années 70, à la robe pastel et au bouquet délicat. Miles et Jack, nos deux compagnons de voyage, ont pris de la bouteille et se retrouvent à un moment de leur existence où tout est remis en question, et redoutent surtout d'être mis en bière sans avoir assouvis les rêves et les désirs qui les occupaient étant plus jeunes. Ils portent en eux, à la fois une indéniable crainte de la désillusion et du constat d'échec, et en même temps une irrésistible envie de vivre. Chaque scène révèle un état d’âme, un frisson érotique, un fragment de bonheur. Chaque plan est habité d’une étrange universalité, d’une impression de flottement, de déjà-vu, de morosité, d’absurdité. On connaissait le travail d’Alexander Payne (Monsieur Schmidt, L’arriviste) mais on ne s’attendait pas à voir un film aussi abouti et bouleversant. Sideways déride les maxillaires et stimule les glandes lacrymales avec une régularité réjouissante. Une petite tempête de vie dans un verre de bon vin. A consommer sans modération! J.D.