Les bouchers verts

Publié le par jujube

Les bouchers verts

Un film de Anders-Thomas Jensen  

Danemark, 2004, 1h35

 

 

Avec Nikolaj Lie Kaas, Mads Mikkelsen, Line Kruse…

 

 

 

 

Pour Svend et Bjarne, ouvrir leur propre boucherie est un pari plutôt risqué, d’autant que leur vie à chacun est loin d’être simple. Alors que la boutique peine à démarrer, un effroyable concours de circonstances va les conduire à servir de la viande qui hier encore, leur disait bonjour et leur serrait la main.Comble de l’horreur, la nouvelle “spécialité” remporte aussitôt un incroyable succès ! Alors que Bjarne voit resurgir les vieux démons de son passé et espère les conjurer en compagnie de la jolie Astrid, Svend ne veut pas renoncer au plat miracle qui fait chaque jour un peu plus sa fortune et sa réputation.

 

 

Grinçant, hilarant, émouvant, décalé, rafraîchissant, saignant : voici quelques-uns des qualificatifs qui ont le plus souvent salué ce film sang pour sang danois lors de ses nombreuses sélections dans les festivals du monde entier. Peu à peu, il s'est forgé une remarquable réputation, grâce au travail de son réalisateur, Anders-Thomas Jensen, ex-activiste du mouvement Dogme, avec des films comme Mifune en 1998 ou Le roi est vivant en 2001. C'est un excellent travail de scénariste que l'on retrouvera dans ce film, Jensen ayant également écrit celui de Rembrandt ou de Wilbur, sorti récemment sur nos écrans.

 

Et tout comme Wilbur le suicidaire, les personnages du film sont à la fois immoraux, mais très émouvants et terriblement humains. Le propos du film n'est en effet pas d'exciter le côté voyeur qui se dissimule en chaque spectateur, mais justement de critiquer cette tendance. L'idée des Bouchers verts est venue à l'esprit d'Anders-Thomas Jensen en réaction à ce qu'il voyait à la télévision. Ce dernier explique : "Quand on voit ce que certains sont prêts à faire pour devenir célèbres, [...]si on prend un peu de recul, ça laisse rêveur ! Qu'il s'agisse de politiciens prêts à tout pour faire croire qu'ils ressemblent à ceux dont ils veulent le vote [...]ou d'étudiants perdus sur une "île paradisiaque" capables de bouffer du rat pour éliminer leurs adversaires, on ne peut qu'être fasciné." Et c'est vraiment cette capacité de parler de sentiments universels, dans une situation on-ne-peut-plus originale, qui fait la force du film. Comme si le réalisateur avait besoin de dépecer des corps humains pour décortiquer leur esprit. Alors laissez-vous faire, et prenez le risque de devenir végétariens... J.D.

 

Publicité

Publié dans MON CINEMA

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article