La sicilienne: rebelle avec une cause

Publié le par Jujube

La sicilienne   

La Siciliana ribelle

De Marco Amenta, Italia/France, 2007, 1h53

Avec Gérard Jugnot, Veronica D'Agostino, Francesco Casisa...


Le 10 mai 2009

C’est une histoire stupéfiante mais pourtant elle est vraie : le 5 novembre 1991, Rita Atria, jeune sicilienne de 17 ans, se présente à Palerme devant le juge anti-mafia pour venger le meurtre de son père et de son frère, tous deux membres de la Cosa Nostra. Pour la première fois, une jeune femme issue d'une famille mafieuse rompt la loi du silence. Elle le sait, sa décision est lourde de conséquences : elle craint alors pour sa vie, et une protection maximum est assurée jusqu’au jour du procès. L’année suivante, les deux juges chargés de l’affaire furent assassinés à deux mois d’intervalles, mais le procès put continuer et de nombreux mafiosi furent condamnés dont le meurtrier.

Une fille contre la mafia : c’est sous ce titre que Marco Amenta avait déjà consacré un documentaire sur Rita Atria en 1997. Romancer aujourd’hui cette lutte du pot de terre contre le pot de fer n’enlève rien à la force du récit et à la conviction de son héroïne, sorte d’Antigone moderne, qui, comme elle « place la morale au-dessus des règles sociales »  et lutte patiemment contre sa mère, son entourage et même son fiancé mafieux, pour faire éclater vengeance et vérité. Le film n’a pas bien sûr la portée immédiate d’un « Gomorra », mais jouit de l’interprétation admirable de ses rôles principaux, que ce soit Gérard Jugnot en juge sobre fumant le cigare (mais doublé par un acteur italien…) ou Veronica d’Agostino (« Respiro »), qui alterne détermination, passion ou rage avec conviction.


JD
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Publié dans MON CINEMA

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