Boy A : prison break

Publié le par Jujube

Boy A

De John Crowley, GB, 2007, 1h40

Avec Andrew Garfield, Peter Mullan, Siobhan Finneran, Skye Bennet...

Vous vous souvenez de l’affaire Bugler ? Deux jeunes anglais de dix ans avaient assassiné un enfant de deux ans, créant une vive émotion dans tout le pays, puis avaient été relâchés et avaient changé d’identité. Difficile de ne pas penser à cette sinistre histoire en lisant « Jeux d’enfants », le roman de Jonathan Trigell, que le scénariste Mark O’Rowe (« Intermission ») s’est proposé d’adapter. C’est ainsi que « Boy A » raconte l’histoire d’Eric, 24 ans, qui vient de passer plus de dix ans derrière les barreaux. Autant dire qu’il ne connaît rien de la vie, et dès sa libération, Terry, l’assistant social qui le suit depuis des années (Peter Mullan, trop rare au cinéma) lui invente une nouvelle vie loin de tout, lui donne un autre nom et lui trouve un travail. Si l’anonymat donne un second souffle à Eric — devenu Jack — il pèse sur sa conscience : il ne peut avouer à sa petite amie ou à ses collègues son funeste passé. Jusqu'au jour où, par hasard, Jack devient un héros local et que sa photo apparaît à la une des tabloïds... Véritable consécration au dernier festival du film britannique de Dinard, « Boy A » est porté par l’extraordinaire prestation de son comédien principal, véritable force fragile au bord du rire ou des larmes. On s’attache inexorablement à ce grand bonhomme qui s’éveille à la vie, alors que son passé le hante comme il hante tout le film. John Crowley fait preuve d’une belle sobriété pour retracer ce parcours plein de tension dramatique et de suspense, pointant la difficulté de la rédemption pour un individu, et surtout la capacité de pardon pour une société.

JD

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Publié dans MON CINEMA

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