Interview Antoine de Maximy
Interview
Chemise rouge de rigueur (« sinon, personne me reconnaît » plaisante t-il), Antoine de Maximy, le sympathique homme-orchestre du documentaire, nous parle de son film « J’irai dormir à Hollywood », sorte de road-movie caméra à l’épaule qui surfe sur le succès de son émission TV « J’irai dormir chez vous » diffusée sur France 5 et Voyages.
Le concept fonctionne à la télévision, pourquoi vouloir en faire un long-métrage ?
Pour aller plus loin, tout simplement. Dans l’émission TV, je ne vais qu’à trois endroits dans chaque pays pour 10 jours de tournage. Passer au format long, ça signifiait trois mois de tournage, et du temps pour rencontrer les gens. J’ai au moins 10 heures de films même si je n’en montre qu’1h45.
On ne vous voit pas tellement dormir chez la population…
Parce que le fait de dormir chez les gens n’est qu’un prétexte à la rencontre. Quand je demande ça aux gens, ça provoque toujours une réaction chez eux –amusement, crainte – qui entame un dialogue. Et quand j’y parviens, c’est le meilleur moyen d’approcher au plus près leur quotidien.
Pendant votre voyage, est-ce que vous pensez déjà au résultat final ?
Non, la seule chose de prévue dans le film, c’est le saut en parachute du début. La symbolique de la chute libre me plaisait : c’est comme si je me jetait à l’eau ! J’ai adapté mon itinéraire à une idée bien précise : aller à la rencontre des « vrais » américains, pas ceux qu’on voit dans les films. Je préfère les individus décalés, les atmosphères différentes. C’est simple, là où on me dit de ne pas aller, en général, j’y vais !
On n’en dira pas trop, mais la présence de ce corbillard rouge est un personnage central du film…
Oui. A la base, je cherchais une voiture qui puisse symboliser au mieux le « mythe américain ». Et puis cette épave a surgi. Je l’ai repeinte en rouge et je me suis dit : « Avec un tel véhicule, il va forcément m’arriver de drôles de choses ». Ca n’a pas loupé !
On dit souvent que les américains n’aiment pas les français. Vous avez eu cette impression ?
Non, pas du tout. Sauf un type dans la scène quand je prend le bus et que ça se passe mal entre deux voyageurs ; en descendant il m’a crié : « Casse-toi, t’es français, je suis juif, les français ont tué ma famille ! » Et un autre type qui pensait que tous les français parlaient arabes !
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
J’ai déjà mis en boîte un « J’irai dormir… » en Iran, et bientôt au Khazakstan. Mais le projet qui me préoccupe le plus serait de faire de la fiction, la moins réaliste possible…
Propos recueillis par JD