Dorothy : sois blonde et tue-toi

Dorothy
Dorothy Mills
D’Agnès Merlet, G-B/France, 2008
Avec Gary Lewis, Carice Van Houten, Jenn Murray, David Wilmot...
Sortie le 6 août
On a le droit d’en vouloir à Agnès Merlet de prendre son temps pour faire des films. Car c’est en voyant « Le fils du requin » (1993), violente fuite en avant de deux jeunes délinquants dans le Nord de la France, puis « Artemisia » (1997), plongée au cœur de la Renaissance italienne avec Michel Serrault, qu’on a pu prendre la mesure du talent de la réalisatrice pour nous captiver, dans tous les genres.
Classique au premier abord, le film suit les pas de Jane Morton, une psychiatre dublinoise, qui est envoyée au sein d’une communauté recluse dans une petite île au nord de l’Irlande pour étudier le cas de Dorothy Mills, une adolescente accusée de tentative de meurtre sur un bébé. Très vite, le malaise s’installe : la jeune fille fragile à la blondeur suspecte (qui rappelle fortement les enfants du culte « Village des damnés ») présente de graves troubles schizophrènes, et ces personnalités sont autant de miroirs à la violence qui règne sur l’île. La venue de Jane remue la fange, libère les rancunes, qui s’abattent sur elle et sur la jeune fille, finalement plus victime que bourreau. Et nous sommes magnifiquement mal à l’aise, enfermés dans cette spirale où la vérité éclate avec fracas, non seulement pour les habitants, mais aussi pour l’héroïne (Carice Van Houten, l’actrice hollandaise du « Black book » de Verhoeven).
J.D.