Le nouveau monde
Le nouveau monde Film de Terrence Malick, USA, 2005, Avec Colin Farrell, Christian Bale, Noah Taylor… Peu de cinéastes suscitent autant d’impatience et d’interêt pour la sortie d’un nouveau film. Rare et précieux est donc Terrence Malick, dont le cinquième film ne manquera pas encore une fois de créer admiration et débats critiques. Après « La ballade sauvage », « Les Moissons du ciel » ou « La Ligne rouge », Malick aborde une nouvelle facette de la mythologie américaine. L’histoire, tous les enfants anglo-saxons la connaissent. C’est celle de la confrontation au début du XVIIe siècle entre les Powhatan, dont fait partie la belle Pocahontas, et les colons anglais menés par le fringant aventurier John Smith. Malick aurait eu peu d’intérêt à refaire l’histoire ; il a préféré rendre sa copie personnelle sous la forme d’un poème contemplatif, sorte d’éloge à la nature, où les traditions indiennes, les gestes amoureux sont capturés dans tous leurs états. La bande-son ne se nourrissant que de peu de dialogues, c’est surtout la musique de James Horner qui remplit l’espace. La composition subtile de ce dernier est magnifique et se marie parfaitement avec celles de Wagner (Das Rheingold) et de Mozart (concerto pour piano n°23), offrant au film une bande originale remarquable. Son et image illustre comme un regret d’avoir laissé passer la chance d’un paradis perdu, d’une promesse de renouveau raté. J.D