Battle for Haditha
Battle For Haditha
De Nick Broomfield, GB, 2007, 1h33
Avec Elliot Ruiz, Falah Flayeh, Yasmine Hanani, Andrew Mc Laren…
Sortie le 30 janvier
Sortie le 30 janvier
Le 19 novembre 2005, un convoi de Marines est pris pour cible dans un attentat dans la ville d’Haditha, et perd un de ses officiers. Fous de rage, les soldats attaquent en représailles les habitants du périmètre, faisant vingt-quatre morts, hommes, femmes et enfants.
A l’opposé de la production française, le cinéma anglo-saxon est toujours très réactif quand il s’agit de critiquer l’Histoire récente. Il en est ainsi pour la guerre en Irak comme par le passé la guerre du Vietnam. «Battle or Haditha » fait partie de cette série de productions sorties ou à sortir ("Jarhead", "Dans la vallée d'Elah", "Le Royaume", "Redacted", "Lions et Agneaux"), qui n’hésitent pas à mettre leurs nez dans des plaies encore ouvertes.
Parce qu’il a choisi de faire jouer des comédiens non- professionnels - militaires ou civils impliqués dans le conflit- l’habitué des bios filmées Nick Bromsfield ("Kurt & Courtney", "Biggie & Tupac"), parvient à placer son « Battle for Haditha » à un niveau moins politique que personnel et intime. Ainsi, le film déroule caméra à l’épaule ce qui fut rarement montré par les télés occidentales : la vie quotidienne des irakiens et les conséquences du drame sur leur existence. Il pose la question qui fâche : ce que l’on désigne comme du terrorisme ne serait-il qu’acte de résistance, comportement universel qu’adopte tout peuple menacé ? Que les forces américaines et britanniques investies dans le conflit ne se composent que de gamins de dix-sept ou dix huit ans n’arrangent rien : « les Marines en Irak sont complètement renfermés sur eux même. Ils n'ont aucune interaction avec l'extérieur. Ils ne voient pas leurs petites amies. La seule chose qu'ils essayent de faire, c'est survivre. A 17 ans, ils n'ont jamais vu un autre pays que les USA, ils n'ont pas fini leurs études... Je pense qu'ils se retrouvent de plus en plus isolés et ça les rend vraiment paranoïaques. » Au-delà du fait-divers, Bromsfield pointe du doigt la vacuité d’une guerre qui ne dit plus son nom, où la peur des uns et des autres conduit à l’horreur. Espérons que son film ne soit pas un pavé de plus dans une mare bien embourbée.
J.D.
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