Le premier cri: bientôt nommé aux César-iennes !

Le premier cri
De Gilles de Maistre, France, 2007,
A l'instar des films animaliers de plus en plus populaires tels « Un jour sur terre », « Le Premier cri » risque fort de bouleverser le cœur des spectateurs. Le film se propose de nous faire vivre, dans un intervalle de 48 heures, le miracle de la naissance aux quatre coins de la planète. Après l’énorme travail d’enquête de la scénariste Marie-Claire Javoy, Gilles de Maistre, le réalisateur de « Féroce » et « Killer Kid », a eu l’embarras du choix parmi les quelques 365 000 premiers cris poussés chaque jour à travers le monde. Femme massaï, hippie US, intouchable indienne, frêle sibérienne, danseuse de cabaret française… Au fil de ces témoignages émouvants, nous découvrons à quel point la naissance, un acte que nous avons tous connu, peut être appréhendé de manière vraiment différente, selon les peuples et leur culture. Car tant d’inégalités, entre les économies et les mentalités, entre les contrées sauvages et les zones urbanisées, entre la médicalisation forcenée ou la spiritualité retrouvée, ont fait perdre l’universalité dans la façon d’accoucher. « Dans les pays pauvres, la naissance doit souvent composer avec la mort de la femme ou celle de l’enfant... Au Niger, un enfant sur trois n’atteint pas l’âge de un an. En France, on contrôle la naissance et on en vient presque à aborder la grossesse comme une maladie. J’imagine qu’en voyant le film, beaucoup de femmes vont réfléchir à la démarche de certaines, comme Vanessa l’américaine, qui décide d’assumer seule l’accouchement de son premier enfant, ou Yukiko la japonaise qui choisit une naissance comme autrefois, ou Pilar la mexicaine qui expulse son bébé avec les dauphins. »
Basé sur une rigoureuse trame écrite, le film vibre de ses moments insolites, —comme cette éclipse de soleil vécue par plusieurs témoins — et surtout, sait se laisser déborder par l’émotion de l’instant : le souffle coupé d’une contraction, l’attente interminable avant l’accouchement… et jusqu’à ce premier cri, libérateur, bouleversant.
J.D.
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