L'Art d'aimer
De Emmanuel Mouret, France, 2010, 1h25
Avec Pascale Arbillot, Ariane Ascaride, Frédérique Bel…
23 novembre 2011
Au moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle
est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus...
Ceux qui ne connaissent pas Emmanuel Mouret ferait bien de se mettre à la page : car rares sont les réalisateurs
français ayant développé un univers si personnel de film en film. Un univers fait d’humour, d’anecdotes, d’histoires d’amour et de hasard ; le tout servi par un langage soutenu en complet
décalage avec la réalité. Mouret fait penser à Woody Allen pour le côté bavard, à Guitry pour son affection du vaudeville, mais aussi à Blake Edwards, et son dernier film, « Fais-moi
plaisir », y fait directement référence.
Avec « L’art d’aimer », Mouret cesse de se mettre en scène et s’essaye au film choral. Une dizaine de
personnages se croisent (mais pas trop, sinon ce serait bien trop artificiel), s’essayent, s’embrassent, se quittent…avec toujours ces dialogues écrit au cordeau. On rit d’un cœur léger, et on
pardonne à Mouret quelques faiblesses et facilités de narration.
Lundi 24 octobre 2011
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Toutes nos envies
De Philippe Lioret, France, 2011
Avec Marie Gillain, Vincent Lindon...
9 novembre 2011
Le plutôt réussi « Welcome » - Lindon en maître-nageur qui fait traverser à la nage la Manche à un clandestin- avait déclenché une polémique et un débat à
l'Assemblée, sur le statut « criminel » des aidants aux immigrés. Philippe Lioret avait alors bataillé ferme -s'était énervé même – pour ne pas qu'on classe son film dans la catégorie
« film militant » au côté d' « Indigènes » par exemple. « Je suis un conteur d'histoires », ne cessait-il de répéter. Mais que reste t'il à Lioret sans la
politique ? Les grosses ficelles de l'émotion facile... « Toutes nos envies » nous fait retrouver ce que Lioret aime par dessus tout : les sujets pathos et les thèmes
larmoyants. Une juge (Marie Gillain) qui lutte contre le surendettement...qui a une mère prolo et dépensière...paf, elle se paye en plus une tumeur au cerveau...et pas de bol, elle n'en a plus
que pour quelques mois...Heureusement, Lindon est là. Mais au moment où elle réussit à faire changer les choses avec lui, paf, elle meurt. Et lui repart de son côté. Ceci n'est pas une caricature
mais bien l'histoire du film. Souvenez-vous de « Je vais bien ne t'en fais pas » et sa dépressive histoire de frère mort qui continue d'envoyer des lettres à sa sœur...Les films de
Lioret sont un peu des compils des thèmes d'émission de Delarue...
Lioret a l'air de s'amuser à être tout le temps sur le fil du rasoir du dégoulinant, et pour cela il emploie une arme
redoutable : filmer le quotidien. Ainsi, il y a au moins trois ou quatre scènes de repas avec discussions sans interêt, et trois-quatre séquences où quelqu'un sert du café. Ca permet
de dédramatiser les séquences suivantes, sans rien apporter de plus.
Au final, oui, les acteurs sont suuuuperbes, oui, la musique est bien choisie, mais est-ce que vous avez vraiment besoin qu'on vous
raconte dans le détail la vie misérable de monsieur et madame tout le monde ???

Jeudi 20 octobre 2011
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La piel que habito
De Pedro Almodóvar, Espagne, 2011, 1h57
Avec Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, Jan Cornet…

Depuis que sa femme a été brûlée dans un accident, le docteur Robert Ledgard se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu la sauver.
Douze ans après le drame, il réussit à cultiver une peau qui est une véritable cuirasse. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert un cobaye, un complice et une
absence totale de scrupules. Marilia, la femme qui s’est occupée de lui depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant au cobaye…
Peut-être est-il facile de résumer Almodovar à un délire de couleurs, de sensualité, de chaleur ibérique…mais c’est ce qui nous manque face à cet « essai
clinique » aussi bizarre que déroutant. Almodovar met tout cul par-dessus tête : les scènes d’actions sont filmées avec une froideur mathématique, tandis que les scènes de la vie
quotidienne durent plus que de raison…
Comme Almodovar a déposé la clef de son film dans sa dernière partie, on ne comprend guère ce qui se passe avant, et qui est justement éclairé par cette dernière
partie. En attendant on a quand même un braqueur de bijouterie déguisé en panthère et des drôles de gadgets. Et cette résolution, certes dérangeante, parait peu crédible…Je ne peux pas en dire
plus bien sûr, il faut aller voir le film pour ça…
Jeudi 15 septembre 2011
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