Babylon A.D.
De Mathieu Kassovitz, France, 2006, 1h41
Avec Vin Diesel, Mélanie Thierry, Michelle Yeoh, Gérard Depardieu, Lambert
Wilson, Charlotte Rampling...
Sortie le 20 août 2008
En 2013, le monde a sombré dans le chaos. La mafia qui règne sur l’Europe de l’est demande à Toorop, un mercenaire aguerri qui a survécu aux conflits les plus sanglants, de convoyer une jeune
femme de la Russie à New York pour la remettre aux mains d’un ordre religieux tout puissant. Une mission capitale, puisque la jeune fille possède en elle toutes les connaissances de
l’univers…
Les épaules plus solides depuis qu’il s’est exilé aux Etats-Unis pour réaliser « Gothika » en 2004, Mathieu Kassovitz
peut désormais prétendre à des projets costauds. Aussi costauds d’ailleurs, que Vin Diesel, son acteur principal, qu’on n’attendait pas plus chez Kassovitz qu’on ne l’attendait dans « Baby
sittor » il y a peu.
Costaud surtout pour le réalisateur français, de parvenir à condenser les six cent pages du roman d’anticipation de Maurice Dantec en moins de deux heures, d’éviter la polémique autour d’un
auteur qu’on dit extrémiste dans ses propos, et de confier à un casting international – dont Depawdiou en grand méchant, incontournable !-ce thriller futuriste qui ne nous ira rien de bon
sur la condition humaine.
J.D.
L’empreinte de l’ange
De Safy Nebbou, France, 2007, 1h35
Avec Catherine Frot, Sandrine Bonnaire, Wladimir Yordanoff, Michel Aumont...
Sortie le 13 août 2008
Après nous avoir fait « Le cou de la girafe » en 2004 (où une petite fille arpentait les routes en compagnie de son grand-père pour retrouver sa grand-mère qu’on lui disait morte), le
réalisateur Safi Nebbou nous replonge de nouveau dans les secrets et les non-dits familiaux, à travers les yeux d’Elsa Valentin, femme divorcée, qui se bat pour obtenir la garde de son fils
Thomas. Elle tente, tant bien que mal, de gérer cette nouvelle vie jusqu’au jour où, récupérant son fils dans un goûter d’anniversaire, elle remarque une petite fille de six ans, qui la
bouleverse. Elsa a l’intime conviction que Lola est sa propre fille. Obsédée par ce sentiment inexplicable, elle tente de s’introduire dans la vie de la fillette. Elle rencontre sa mère, Claire
Vigneaux, qui s'inquiète du comportement étrange de cette femme qui rode autour de sa fille. Elsa est-elle folle ? Dangereuse?

Des questions, nous allons nous en poser beaucoup, Nebbou s’offrant le malin plaisir de nous perdre dans les codes cinématographiques - son film est
à la fois thriller, drame intimiste, social, parfois même fantastique – et de nous abandonner dans l’esprit dérangé de sa protagoniste.
Dérangé ? Nous n’en sommes même pas sûrs, puisque ici tout tourne autour de cette possibilité même infime qu’Elsa puisse être la mère de cet enfant. En proie au doute et aux images du passé
qui ressurgissent par intermittence, on en oublierait presque le fantastique duo de comédiennes qui donnent du corps à l’instinct maternel et de la voix à ce combat presque animal.
J.D.

Dorothy
Dorothy Mills
D’Agnès Merlet, G-B/France, 2008
Avec Gary Lewis, Carice
Van Houten, Jenn Murray, David Wilmot...
Sortie le 6 août
On a le droit d’en vouloir à Agnès Merlet de prendre son temps pour faire des films. Car c’est en voyant « Le fils du requin » (1993), violente fuite en avant de deux jeunes délinquants
dans le Nord de la France, puis « Artemisia » (1997), plongée au cœur de la Renaissance italienne avec Michel Serrault, qu’on a pu prendre la mesure du talent de la réalisatrice pour
nous captiver, dans tous les genres.
Classique au premier abord, le film suit les pas de Jane Morton, une psychiatre dublinoise, qui est envoyée au sein d’une communauté recluse dans une petite île au nord de l’Irlande pour étudier
le cas de Dorothy Mills, une adolescente accusée de tentative de meurtre sur un bébé. Très vite, le malaise s’installe : la jeune fille fragile à la blondeur suspecte (qui rappelle fortement
les enfants du culte « Village des damnés ») présente de graves troubles schizophrènes, et ces personnalités sont autant de miroirs à la
violence qui règne sur l’île. La venue de Jane remue la fange, libère les rancunes, qui s’abattent sur elle et sur la jeune fille, finalement plus victime que bourreau. Et nous sommes
magnifiquement mal à l’aise, enfermés dans cette spirale où la vérité éclate avec fracas, non seulement pour les habitants, mais aussi pour l’héroïne (Carice Van Houten, l’actrice hollandaise du
« Black book » de Verhoeven).
J.D.
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